mardi 23 octobre 2007

Une angoisse entre réalité et fiction.

La discussion s’étirait sur les films d’horreur, de suspens ou d’action qui nous avaient le plus marqués. Un ami évoqua un vieux frankeinstroumph vu en cachette alors qu’il était gamin, qui lui avait filé une sacrée colique. Un autre parla de je ne sais quel film de guerre sanguinolent au réalisme percutant, frissons garantis. Quand vint mon tour, j’eus tout d’abord un peu de mal à retrouver ce qui, cinématographiquement parlant, avait pu imprimer en moi le plus puissant sentiment de frayeur ou de dégoût. Il est vrai que j’ai toujours préféré les films pouvant me procurer de l’émerveillement, du Magicien d’Oz aux dernières aventures de Star Trek. Dans les films plus violents ou plus gores, mon émerveillement se porte sur les effets spéciaux au détriment de l’émotion pure. Évidemment, la scène de la douche dans « Psychose » avait produit son petit effet, mais ce n’était rien à côté du souvenir qui se fit bientôt évidence. Quelques scènes de « Contact », film de Zemeckis d’après le roman de Sagan (Carl !), représentent pour moi le summum de l’angoisse.

J’imagine que cela paraîtra bien puéril à certains, mais on a les angoisses qu’on peut. Dans ce film où il est question d’établir un contact avec une intelligence non humaine, se pose le choix de la personne, de l’ambassadeur terrien, qui pourra embarquer dans l’étrange machine permettant ce fameux contact. Jodie Foster, la scientifique, semble naturellement désignée pour cette mission, mais un intrigant convoite ce rôle. Un collège de sages ( ?) est alors chargé de désigner le meilleur candidat. Politique, intérêts financiers et croyances sont alors mis en balance avec l’aspect purement scientifique. L’intrigant s’achète vite une licence de bon croyant en dieu et rafle l’approbation des juges. La belle Jodie Foster, scientifique avant tout, athée par honnêteté intellectuelle ou tout simplement par bonne santé mentale, est reléguée sur le banc de touche.

Je n’ai jamais rien connu de plus angoissant au cinéma ! Pris par le film, tellement investi dans ce qui pour moi devait être la plus exaltante mission de l’humanité, établir un contact avec une intelligence extraterrestre, me voici abattu par ce coup de Jarnac fruit de l’éternelle connerie humaine. La mission va échouer parce que, c’est inévitable, si l’ambassadeur vient à évoquer ses croyances en quoi que ce soit de divin, il va se faire éjecter, comme un sot qu’il est, de la nouvelle confrérie intergalactique. Et avec lui, puisqu’il est sensé nous représenter, toute notre planète. Adieu le Grand Contact, fermées les portes des classes supérieures, enlisement dans notre bêtise pour encore des siècles et des siècles.

D’accord, je suis dur avec les croyants. Pour moi la foi est le fait d’une déficience en lucidité et en curiosité. Certes, je reconnais qu’il en est de bien braves, de bien gentils, de bien sympathiques (pour racheter tous les autres, grands hypocrites et fous dangereux). Il en est même de bien plus intelligents que moi, ce qui ne laisse pas de me poser question sur le rapport entre la raison, l’intelligence et la santé mentale, mais c’est un autre débat.

Dans le film, heureusement, tout finit bien. La raison triomphe, l’honneur est sauf. Je me demande combien de rendez-vous avec l’histoire nous avons et allons encore manquer à cause de ce genre d’aveuglement. Parce que dans la réalité, la sottise triomphe presque toujours. Je ne parle pas de contact avec d’hypothétiques aliens, mais simplement d’opportunités de construire des sociétés moins abruties de croyances stériles.

1 commentaire:

  1. La foi en la raison et la science est une religion comme les autres, non?

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